Journée d’étude Exil et langues, perspectives didactiques et littéraires, Université Paris Nanterre, 16 avril 2026.
À la recherche de nouvelles façons d’articuler image et enseignement des langues, j’ai proposé à deux groupes d’étudiants du DU Passerelle de la Sorbonne Nouvelle — une formation visant à accompagner des personnes en exil dans la reprise de leurs études — de participer à une enquête. Menée entre 2023 et 2025, elle visait à déterminer si l’usage de corpus variés (images, œuvres visuelles, textes, documents), abordés sous des angles linguistiques, historiques et esthétiques, pouvait enrichir l’usage des images dans l’enseignement et l’apprentissage des langues. Elle cherchait également à évaluer si la mise en place de projets collectifs pouvait renforcer cette dynamique. Afin de mettre ces hypothèses à l’épreuve, je me suis tournée vers le Musée national de l’histoire de l’immigration (MNHI), partenaire de la Sorbonne Nouvelle. Cette institution aborde les migrations sous trois angles : historique, sociétal et artistique.
Cette communication propose, dans un premier temps, une réflexion sur le DU Passerelle, un dispositif pédagogique qui peut à la fois favoriser l’inclusion et produire des formes de catégorisation. Elle revient ensuite sur la collaboration avec le MNHI et souligne les enjeux et les ambivalences des partenariats entre musées et universités. Si ces collaborations ouvrent un espace fécond d’échanges entre savoirs, création et publics, elles s’inscrivent aussi dans des cadres institutionnels et historiques marqués par des tensions.
Je reviendrai ensuite sur la méthodologie de la recherche-création, une pratique hybride qui fait dialoguer le champ des sciences sociales et celui des arts en associant un processus créatif ou un composant esthétique expérimental à un protocole scientifique. Enfin, je montrerai qu’en produisant des textes et des images, en leur donnant forme dans des projets d’édition, de créations diverses et d’exposition, les étudiants ont participé, de manière active et visible, à la constitution de savoirs. Ce faisant, ils se sont familiarisés avec la recherche et le système universitaire et ont perfectionné leur maîtrise du français. Des réalisations individuelles à visée collective, un apprentissage par l’action, où, comme l’avait si bien montré Comenius, ressentir, éprouver et créer font partie du processus d’acquisition des savoirs et des savoir-faire.
