Université de Liège
Après une première rencontre au Musée d’archéologie de Nice / Cimiez en 2024, la deuxième édition de Chercher-exposer-trouver vise à approfondir notre compréhension des effets de l’écriture expographique sur la recherche universitaire et ses objets.
Ces effets seront cette fois abordés à travers les logiques de reprise des expositions et de leurs objets-satellites. Ces variations concernent autant les produits d’exposition (les écrits) que les méthodes dérivées de l’écriture expographique : exposition itinérante (qui implique réécriture ou traduction), exposition miniature (cabinet de curiosité et autre format portatif qui s’appuie sur le même langage), ou encore les produits d’éditions qui découlent de l’exposition ou qui s’en inspirent (catalogue, folio, etc.). Interroger ce que font ces variations permettra d’identifier autant les logiques heuristiques de l’écriture expographique, que celles des réécritures, pour penser l’exposition non comme une fin en soi, mais comme un moyen pour les chercheur·es-en-train-de-chercher.
Dans quelle mesure le travail de reformulation engagé par l’itinérance est-il heuristique ? Dans quelle mesure est-il révélateur d’éventuelles habitudes et normes, dont il est possible de se détacher une fois celles-ci identifiées ? Comment ce qui allait de soi dans une première version est déplacé dans une seconde, interrogé, voire remis en cause ?
Lorsque l’exposition est miniature, quels impacts les caractéristiques du format ont-elles sur la pensée de celle ou celui qui met en boîte sa recherche, ou qui anticipe l’activation ? Comment la recherche est-elle pensée lorsqu’elle est saisissable dans sa totalité, car délimitée et non dispersée dans un espace à parcourir ? Dans quelle mesure l’exposition, en tant que dispositif de médiation et de réflexion, contamine-t-elle les modes traditionnels de production et de diffusion du savoir ? En quoi l’attention accrue portée à la spatialisation du discours, à sa dimension visuelle, à la scénarisation de ses contenus – caractéristiques des dérivés éditoriaux – influe-t-elle sur une manière de penser ? Comment s’articulent écrits académiques et écrits d’exposition ? De manière transversale nous aimerions interroger la réception de ces « objets satellites non identifiés » : dans quels écosystèmes atterrissent-ils ? Comment la communauté scientifique accueille-t-elle ces productions pour faire valoir ou reconnaître leur valeur scientifique ? Etc.
Comme pour la première édition, cette deuxième rencontre vise une meilleure compréhension des expositions comme objets complexes, et souhaite contribuer à la consolidation d’un champ interdisciplinaire, celui des Exhibition Studies.
